En France, même lorsqu’ils ne sont plus en activité, nos anciens présidents de la République bénéficient d’une protection. Payée par le contribuable, elle atteint plusieurs millions d’euros par an.

En 2018, la protection des anciens présidents a coûté 3,8 millions d’euros

Combien coûte la sécurité de nos ancien présidents de la République ? C’est la question qu’a posée, début 2019, la députée socialiste Christine Pires Beaune au ministère de l’Intérieur. La réponse est arrivée neuf mois plus tard, le 15 octobre, par le biais du Journal Officiel. « En 2018, le coût de la protection des anciens Présidents de la République s'élève à 3.821.165 € pour ce qui relève du périmètre des dépenses prises en charge par le ministère de l'intérieur, intégrant la masse salariale (inclus CAS et pensions), les heures supplémentaires, les frais de mission (déplacement, hébergement et restauration) et les véhicules (achat, entretien, réparation, carburant et péage) ».

C’est une grosse somme mais elle est moins élevée que les autres années. Dans un rapport de la Cour des Compte, la facture s’élevait à 7,1 millions d’euros par an. Un écart qui est sans doute lié, en partie, au fait que comme Jacques Chirac était malade, il restait à son domicile et coûtait donc moins cher. Son décès va-t-il encore faire baisser la facture ?

Qui d'autre bénéficie de cette protection ?

Nos confrères de Capital font aussi remarquer qu’en réalité, la facture est plus élevée avec un coût total « qui flirte avec les 7 millions d’euros par an ». « Frais de sécurité, de personnel et rémunérations cumulés, il apparaît donc qu’en 2018, les anciens présidents (Jacques Chirac compris) ont coûté environ 6,7 millions d’euros à l’État » estime le journal.

Et qu’en est-il de nos anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur ? Nombre d’entre eux sont encore vivants (dix pour les anciens Premiers ministres) et eux aussi bénéficient d’une sécurité financée par nos impôts. « Une pratique qui prévoit la protection […] compte tenu des responsabilités qu'ils ont assumées », nous assure le ministère de l’Intérieur. Il va néanmoins de soit qu'ils ne bénéficient pas du même budget que les anciens présidents.