Une nouvelle génération d'antibiotiques pourrait bien voir le jour grâce à une équipe de chercheurs. Les bactéries seraient privées de leur résistance. 

Des bactéries très actifs mais pas toxiques

Alors que la résistance croissante des antibiotiques est « l'une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale », d'après l'Organiation mondiale de la Santé (OMS), des chercheurs français de l'Inserm et de l'université Rennes-1 semblent avoir trouvé un remède pour mater les bactéries. 

Cette équipe aurait réussi à enlever la toxicité de molécules qui pourrait mettre à mal la capacité de résistance des bactéries à l'antibiotique. « Bien que très actif, l'antibiotique ne serait pas toxique. Ce qui est original c'est d'avoir réussi à dissocier l'activité toxique de l'activité antibiotique de la toxine », a expliqué Patrice Courvalin, professeur émérite à l'Institut Pasteur. 

Des molécules efficaces qu'importe la membrane

Aucun résidu de toxicité n'a été relevé chez l'animal ou sur des cellules humaines, bien qu'elles ont été testées à des doses 10 à 50 fois plus élevées que la dose efficace. Les molécules synthétisées par les chercheurs se sont révélées efficaces contre plusieurs souches de bactéries. Qu'elles soient à membranes plus épaisses à pénétrer (à Gram positif comme les staphylocoques) ou moins épaisses à pénétrer (à Gram négatif, comme les pseudomonas aeruginosa). 

L'étude a été publiée dans la revue scientifique Plos Biology. Pour les besoins de l'expérience, les scientifiques ont réalisé des tests sur des souris atteintes de septicémie ou d'infections cutanées. Elles ont pu être soignées. La molécule développée par les chercheurs pourrait voir l'arrivée d'une nouvelle classe d'antibiotiques. En attendant, des essais cliniques chez l'humain devraient être entrepris courant 2020. 

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