Pour statuer sur la validité d’un mariage, la cour d’appel d’Aix-en-Provence s’est servi de preuves plutôt originales : les photos de mariage du couple. Les juges ont ensuite estimé que le marié ne souriait pas suffisamment.

Il ne voulait se marier que pour obtenir la nationalité française

Un sourire au photographe, le jour de son mariage, aurait sans doute changé le cours de la vie de cet homme qui, aujourd’hui, se voit accusé d’« escroquerie aux sentiments » et vient de voir son mariage annulé par la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

L’affaire, relatée par La Provence, commence en 2005 lorsqu’une Marseillaise de 48 ans épouse un homme rencontré quelque temps auparavant. Mais alors que les jeunes mariés entament leur vie conjugale, la femme constate que son mari change totalement de comportement, jusqu’à devenir violent et agressif. Elle s’aperçoit alors rapidement que, si celui-ci l’a épousée, c’est uniquement pour obtenir la nationalité française.

Les juges estiment que les photos du mariage appuient la thèse d’un mariage gris

« J’ai compris que je vivais avec quelqu’un qui me mentait, qui me jouait la comédie. J’ai servi d’appât pour lui permettre d’obtenir un droit de séjour en France », explique-t-elle au quotidien régional. C’est alors qu’elle décide de se séparer de son mari mais, accompagnée de son avocat, elle souhaite aller plus loin pour que le mariage soit totalement annulé.

Devant les juges, Me Isabelle Terrin évoque l’idée d’un « mariage gris ». En opposition au mariage blanc dans lequel les deux époux sont d’accord pour ne se marier que dans un but administratif, le « mariage gris » est, selon elle, le résultat du mensonge d’un seul des deux époux. Et pour appuyer cette image, la cour n’a pas hésité à observer de près les photos du mariage délictuel, sur lesquelles l’accusé « sourit à peine », note encore La Provence.

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