Une étude qui pourrait faire date

Pendant 14 mois, les équipes du Programme des Nations Unies pour l’Environnement ont étudié l’impact de l’exploitation du pétrole au Nigéria. Les recherches se sont concentrées dans l’Ogoniland, au cœur du delta du Niger. Les sites de production, les oléoducs ou encore des échantillons d’eau ont été examinés. Le constat est alarmant : les zones qui étaient considérées comme non polluées présentent en réalité une contamination des eaux souterraines. Ces résultats ont poussé le PNUE à demander la mise en place de mesures d’urgence pour protéger la santé des habitants. Plusieurs communautés sont effectivement exposées à une eau polluée aux hydrocarbures dont les taux élevés sont très inquiétants : dans certaines eaux souterraines des plaques de 8 cm de pétrole ont été observées en train de flotter.

Sur le banc des accusés …

Bien que l’étude ne désigne pas de coupables, des ONG dont Amnesty International, ont immédiatement pointé du doigt la compagnie pétrolière Shell et la NNPC (compagnie pétrolière nationale nigérienne). Dans un premier temps Shell a réfuté sa responsabilité dans la pollution des eaux, imputant la situation à des vols répétés et des sabotages ayant fragilisé les infrastructures. Il s’est depuis ravisé et a admis sa part de responsabilité et la « nécessité de l’étude et des résultats ». Car même si l’entreprise a quitté le territoire il y a près de vingt ans, elle y est toujours très active via ses activités avec la NNPC

Quelles solutions ?

Shell a également reconnu son implication dans deux marées noires survenues en 2008 et s’engage à ce titre à payer des compensations financières. La restauration des eaux polluées de l’Ogoniland pourrait bien être l’exercice de dépollution le plus long au monde si les sols, l’eau potable et d’autres écosystèmes doivent être purifiés. Les experts s'accordent sur la nécessité pour le gouvernement nigérian d'investir un milliard d’euros et près de trente années d’efforts pour tout assainir.