Pollution dans la mer du Nord

Une nappe de pétrole de 31km
Ce vendredi 12 août, une fuite de pétrole provenant de la plateforme Gannet Alpha a été détectée au large de l’Ecosse à 180km d’Aberdeen. C’est un pipeline défectueux du géant pétrolier Shell qui est responsable de l’écoulement. Le volume de pétrole qui s’est déversé n’est pas encore connu. Mais selon Alex Salmond, le premier ministre du gouvernement régional écossais, c’est l’équivalent de 750 barils soit 100 tonnes de pétrole qui se sont déversées en mer. Samedi, des images capturées grâce à un avion révélaient que la nappe de pétrole s’étendait sur près de 31km de longueur et 4km de large.

Une fuite sous contrôle

Shell a annoncé qu’un sous-marin télécommandé aurait permis de repérer la fuite et de la combler. Mercredi dernier, le puits aurait été fermé pour soulager la pression exercée sur le pipeline. Un navire et un avion spécialisé dans les fuites pétrolières ont également été réquisitionnés ce 15 août. La fuite serait ainsi "sous contrôle". Selon Glen Cayley, le directeur technique des activités de production et d’exploration de Shell en Europe "la ligne d'écoulement est réduite à moins de deux barils par jour" . Le pétrole devrait normalement se dissoudre dans la mer du Nord sans atteindre les côtes écossaises.

Les écologistes restent toutefois sceptiques et dénoncent le silence du groupe anglo-néerlandais. Car si la fuite a été reportée au grand public vendredi dernier, elle a en réalité été détectée, deux jours plus tôt, soit mercredi 10 août. Le représentant de Greenpeace, Ben Ayliffe déclare ainsi : «A l’heure qu’il est, nous en ignorons la gravité. Ce que nous savons, c’est que la mer du Nord est censée être ultra sûre, on nous dit que des fuites ne peuvent pas s’y produire».

Cette fuite est un nouveau coup dur pour Shell, qui est déjà mise en cause dans la pollution du Delta du Niger. Le Guardian, journal anglais, a également publié un article dans lequel il révèle que des fuites de pétrole se produiraient en réalité presque toutes les semaines dans la mer du Nord. Ces dernières, moins spectaculaires, seraient passées sous silence.