Les femmes les plus sensibles aux variations hormonales sont les plus déprimées 

De nombreuses quinquagénaires se trouvent prises dans une spirale infernale au moment de leur entrée dans la ménopause : sautes d'humeur, anxiété, troubles du sommeil... Avant la disparition de leurs règles, les femmes vivent un bouleversement hormonal et émotionnel sans équivalent. Le professeur Patrice Lopes, spécialiste de la ménopause et du vieillissement hormonal, estime que la dépression frapperait 10 % à 15 % des femmes en préménopause. Chez celles qui ont fait une dépression post-partum ou qui ont souffert d'un syndrome dépressif prémenstruel, ce taux peut même grimper jusqu'à 50 %.

La faute principalement aux bouleversements physiologiques : baisse de la production de sérotonine (impliquée dans l’humeur et les émotions) et effondrement du taux d'œstrogènes responsable des bouffées de chaleur. Bouffées de chaleur qui ont des répercussions énormes sur le sommeil des femmes, mais dont « l'impact reste encore trop minimisé » par le corps médical, comme l'a regretté le professeur Anne Gompel, gynécologue à l’hôpital Cochin à Paris, auprès de nos confrères du Figaro

Un traitement hormonal pour retrouver une vie de qualité satisfaisante

Si les hormones apparaissent comme les grandes responsables de l'apparition de la dépression à la ménopause, d'autres facteurs viennent aussi bouleverser les femmes arrivées à la moitié de leur vie : départ des enfants, éventuellement du conjoint ; perte possible d'un emploi ; parents entrant dans le grand âge et devenant dépendants ; apparition de maladies chroniques... Le bilan n'est pas toujours facile à accepter pour elles.

Pour prévenir les dépressions pouvant apparaître à cet âge critique, une étude présentée en octobre lors d'un congrès américain propose un traitement hormonal par voie transdermique. En agissant sur les bouffées de chaleur, la fatigue, la prise de poids et la sécheresse vaginale, ce traitement devrait permettre aux femmes de gagner en qualité de vie. Si les médecins reconnaissent que la mise en place d'un tel traitement en préménopause n’est pas facile en raison des fluctuations hormonales, pour Marie Tournier, psychiatre à l’hôpital Charles Perrens à Bordeaux, « le traitement aux œstrogènes pourrait minimiser la dépression ou augmenter la réponse aux antidépresseurs ». Et intéresser en premier chef les femmes déjà passées par un épisode dépressif.

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