Le Sénat vient de publier le rapport de la commission d’enquête sur le « malaise des forces de sécurité intérieure ». Ses auteurs esquissent un sombre tableau du quotidien des policiers et gendarmes.

Démissions et suicides font légion au sein des forces de l’ordre

Scènes de crime choquantes, horaires à rallonge, sentiment de ne pas être compris par leur hiérarchie : le quotidien d’un policier rime souvent avec détresse psychologique. Il n’est alors par étonnant que le taux de suicides, qui oscille autour de 14 cas pour 100.000 habitants pour l'ensemble de la population, s’élève à 25 dans la gendarmerie voire à 29 dans la police. L'année 2017 aura malheureusement été particulièrement marquante sur ce plan, puisque 50 agents de la police nationale se sont suicidés. D’autres, n’en pouvant plus, ont tout simplement donné leur démission : c’était le cas de 2.600 agents en 2017.

Ce mal-être personnel est accentué par un management « trop éloigné du terrain » et « un lien de confiance entre les agents des forces de sécurité intérieure et la justice fortement érodé, notamment en raison d'une réponse pénale perçue comme insuffisante », font remarquer les auteurs du rapport.

Les forces de l’ordre sont sous-équipées et sous-indemnisées

Les horaires de travail sont également pointés du doigt. Fin 2017, la police nationale avait un stock de 21,82 millions d’heures supplémentaires effectuées non récupérées et non indemnisées, un niveau jamais atteint à ce jour. Le temps de repos manque également. « Avec les cycles de travail actuels, un policier passe un week-end sur quatre ou sur cinq en famille », peut-on lire dans le rapport.

Autre problème abordé en détail dans le rapport : le sous-équipement matériel des policiers et gendarmes. 40% des gardiens de la paix sont toujours équipés de vieux gilets pare-balles livrés en 2002, 1 véhicule sur 10 a plus de dix ans, et l’état de 60% du parc immobilier n'est pas jugé satisfaisant. Ce sous-équipement a également des conséquences sur l’état psychologiques des fonctionnaires, puisqu’en 2017, 12% des policiers hommes et 30% des policiers femmes se déclaraient en insécurité.

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