Des chercheurs de l'Université de Jérusalem ont démontré que ne pas manger avant 9h30 du matin perturbe la régulation du taux de sucre, la glycémie, pour toute la journée.

Sans petit déjeuner, l'horloge biologique est déréglée

Les études se suivent et s'accordent : le petit déjeuner est essentiel pour la santé. Les travaux scientifiques de chercheurs israéliens dirigés par le Pr Oren Froy, de l’Institut de biochimie de l’Université hébraïque de Jérusalem, montrent qu’il y a tout intérêt à ne pas négliger le petit déjeuner. Les effets néfastes se prolongent en fait toute la journée sur le plan métabolique, c’est-à-dire sur les fonctions normales de l’organisme. Les scientifiques, lors de cette étude publiée dans la revue Diabetes Care de novembre, ont examiné l’expression des gènes des horloges biologiques chez 18 volontaires sains et 18 personnes diabétiques.

Ils se sont aperçus que celle-ci était durablement déréglée toute la journée en l’absence de petit déjeuner avant 9 h 30. Il ne s'agit pas seulement de l’horloge centrale, située dans le noyau suprachiasmatique du cerveau, qui détermine les cycles veille-sommeil, mais aussi les horloges périphériques, celles que l’on trouve dans le pancréas, le foie, ou encore dans les muscles (soit près de la moitié du poids du corps) et la masse adipeuse, cette dernière pouvant représenter plus de 40 % du poids chez une personne obèse.

En France, le petit déjeuner est de plus en plus négligé

La régulation du taux de sucre, la glycémie, est donc perturbée toute la journée si on n’a pas mangé avant 9 h 30 du matin. Pourtant, en France, selon une étude menée en 2013 par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), environ 30 % des enfants et 20 % des adultes sautent au moins un petit déjeuner par semaine. Ils étaient respectivement 13 % et 14 % en 2007.

Une autre étude, publiée dans le Journal of Physiology fin novembre, le confirme : le petit-déjeuner doit absolument être pris régulièrement et avant 11 heures du matin. Ainsi, il modifie la façon dont les cellules de stockage de la graisse sous-cutanée fonctionnent dans le corps. La régularité de ce repas le matin module l'activité de 44 gènes impliqués dans le métabolisme des cellules graisseuses et augmente la quantité de sucre qu'elles absorbent, réduisant ainsi les besoins en insuline chez l’obèse. 

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