Le troisième plan autisme touche à sa fin. Le 5 mai 2017, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a publié un rapport dressant le bilan des cinq dernières années. À moins d’un an de son achèvement, les objectifs fixés ne sont pas remplis.

Troisième plan autisme : des objectifs ambitieux 

La Haute Autorité de la Santé (HAS) estime, sur la base d’enquêtes internationales, qu’un nouveau-né sur 150 serait touché par l’autisme ou des troubles envahissants du développement. Pour répondre aux besoins de cette partie de la population en logement, inclusion scolaire et insertion professionnelle ; le troisième plan autisme a été lancé en 2013. Cinq ans plus tard, les objectifs fixés ne sont pas remplis. Pour Florent Chapel, auteur d’Autisme, la grande enquête, ces dernières années auraient même été une perte de temps.

Les objectifs fixés par le troisième plan autisme étaient ambitieux. Ils visaient à consolider les acquis des deux premiers plans par un diagnostic et une intervention précoce, ainsi que des recherches et des formations. Or, en janvier 2017, seuls 7 250 aidants avaient été formé pour les 400 000 autistes vivant en France.

Troisième plan autisme : le succès des unités d'enseignement en maternelle

L'échec de ce troisième plan autisme est également lié la lenteur des diagnostics et de la prise en charge des personnes touchées par ce handicap. En cause, l’éclatement des acteurs compétents sur l’ensemble du territoire. À ceci s’ajoute le peu de nouvelles places d’accueil pour les autistes qui résident en France. Construire 1 500 places d'accueil supplémentaires, conformément à ce qui était prévu, n’aurait pas entièrement assouvi les besoins. La création de seulement 254 places s’avère donc largement insuffisante. 

Point positif du troisième plan d’autisme : les unités d’enseignement en maternelle (UME) pour les autistes âgés de 3 à 6 ans fonctionnent particulièrement bien. Les 112 UEM (pour un objectif de 100) créées sur l’ensemble du territoire représentent une véritable innovation. Il reste encore quelques mois au troisième plan d’autisme pour améliorer son bilan. En 2018, sera lancé le quatrième plan autisme. D’après l’Igas, il devra mettre l’accent sur la formation de professionnels et une application plus rigoureuse des recommandations de la HAS en matière d’autisme.

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