Selon l’UFC-Que Choisir, compte tenu du rythme actuel de déploiement, le très haut débit ne sera déployé sur l’ensemble du territoire français qu’en 2035 et non en 2022 comme le souhaite le gouvernement. Par ailleurs, le déploiement de la fibre risque d’accentuer la fracture numérique.

L’objectif fixé par le gouvernement est inatteignable

Alors que le gouvernement souhaite que l’ensemble du territoire français soit couvert par le très haut débit, dont 80 % par une offre fibre (FttH), d’ici 2022, voire 2020, une étude publiée ce mercredi 26 septembre 2017 par l’UFC-Que Choisir estime que le cap fixé est inatteignable, compte-tenu du rythme actuel des déploiements. « Notre étude montre que le déploiement actuel des réseaux ne permettrait de l’atteindre qu’en 2035, soit avec 13 ans de retard », affirme l’association de défense des consommateurs.

L’UFC-Que Choisir estime par ailleurs que la priorité des pouvoirs publics devrait être d’améliorer l’accès et la qualité de l’Internet sur certaines zones du territoire et non le déploiement de la fibre FttH afin de réduire la fracture numérique. En effet, en France, 7,5 millions de consommateurs seraient « inéligibles à un Internet de qualité ». « Notre étude souligne qu’en bénéficiant prioritairement aux villes disposant déjà d’un ADSL de qualité, le déploiement des réseaux de nouvelle génération (fibre optique, câble…) creuse les inégalités territoriales », souligne l’UFC-Que Choisir.  

Abonnements Internet : des prix qui risquent de grimper

L’UFC-Que Choisir craint également une flambée des prix des abonnements Internet avec la fibre. « Notre étude montre que le coût d’accès pour un opérateur au réseau d’un concurrent est jusqu’à deux fois plus élevé pour la fibre que pour l’ADSL, ce qui pourrait porter à 40 € le prix de base d’un abonnement Internet (un tiers de plus qu’aujourd’hui) ! », alerte ainsi l’association.

Pour lutter contre la fracture numérique qui risque de s’aggraver sous l’effet du déploiement de la fibre, l’UFC-Que Choisir demande au gouvernement « d’orienter en priorité ses financements dans les réseaux de l’Internet fixe dans les zones aujourd’hui dépourvues d’un Internet de qualité » et de ne pas augmenter les tarifs sur les réseaux cuivrés, une solution envisagée pour pousser les clients ADSL à souscrire à la fibre dans les zones éligibles.

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