Alors que le mythe de la prime à la beauté dans les entreprises a la vie dure, deux chercheurs ont montré que les personnes aux physiques très ingrats gagnaient mieux leur vie que les autres.

Prime à la mocheté dans les entreprises

Face à l’idée tenace que les personnes aux physiques avantageux gagneraient mieux leur vie que celles aux physiques ingrats, deux chercheurs en économie ont mené une enquête, publiée ce 16 février 2017 dans le Journal of Business and Psychology. Pour cela, ils ont exploité une base de donnés réalisée par Add Health, rassemblant des renseignements sur 20 000 jeunes recrutés dans les années 1994-1995 dans 132 lycées alors qu’ils avaient 16 ans et interrogés à trois reprises dans les années qui ont suivi. Au cours des derniers entretiens réalisés en 2007-2008, et alors que ces jeunes étaient devenus des adultes âgés de 29 ans, il leur a été demandé combien ils gagnaient. Par ailleurs, à chaque entrevue, les personnes de Add Health étaient chargées d’évaluer le physique des répondants, sur une échelle de 1 (très laid) à 5 (très beau).

L’analyse des données de Add Health a permis aux deux chercheurs de formuler des conclusions pour le moins étonnante : d’une part, ils ont souligné que le fait que les gens beaux gagnent mieux leur vie n’est pas lié à leur physique mais à d’autres qualités, invalidant ainsi le mythe de la prime à la beauté, et d’autre part, ils ont mis en avant que les personnes aux physiques ingrats gagnent mieux leur vie que les autres, permettant d’émettre l’hypothèse d’une prime à la laideur.  

Seuls certains « moches » sont concernés

Cette prime à la laideur ne concerne pas toutes les catégories de « moches ». En effet, seules les personnes ayant un physique jugé très ingrat gagnent mieux leur vie. 

Le fait que les ultras moches gagnent mieux leur vie n’ait jamais été détecté s’explique probablement par l’absence de différenciation sur le degré de laideur et de beauté dans les autres études réalisées sur le sujet, les « moches » et les « beaux » étant rangés dans deux catégories distinctes. En graduant la laideur des personnes interrogées, Add Health a permis aux deux chercheurs de mettre fin à une idée reçue : non les moches ne sont pas tous discriminés par les entreprises, au contraire…

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