Entre 2007 et 2011, le laboratoire Alkopharma a falsifié la date de péremption sur les étiquettes du Thiotépa, un anti-cancéreux dont la durée de vie est de 18 mois. Certaines boîtes ont été vendues jusqu'à sept ans plus tard.

Plus de 100 000 flacons d'un médicament périmé administrés

Selon les révélations du journal suisse Le Matin Dimanche du 14 janvier 2018, plus de 100 000 flacons d'un médicament périmé, utilisé pour traiter des cancers (de l'ovaire, de la vessie et du sein), ont été administrés à des patients suisses et français. Il s'agit de flacons de Thiotepa distribués par le laboratoire Alkopharma. 

Le médicament périmé ne contenait « plus la dose de principe actif exigée », rapporte le quotidien suisse. Le laboratoire falsifiait la date de péremption de cet anticancéreux, qui avait une durée de vie de 18 mois. Il créait de fausses étiquettes. De son côté, la Radio Télévision Suisse précise : « Certains flacons ont été vendus 7 ans plus tard ». 

La justice française doit trancher

Swissmedic, l’Autorité de surveillance du marché des médicaments suisse, déplore une « mise en danger de la santé des patients. » Ainsi, selon son enquête, Alkopharma a vendu pour 3 278 425 € de médicaments à la date de péremption modifiée. Au total, plus de 2 000 flacons ont été administrés dans la plupart des grands hôpitaux suisses et quelque 98 000 autres en France

Dans le volet français de cette affaire, après une instruction de six ans, le parquet de Paris doit désormais rendre sa décision : renvoi devant un tribunal correctionnel ou non-lieu, indique Le Parisien, qui précise que ce réquisitoire définitif tarde à venir. En Suisse, quatre anciens responsables d'Alkopharma ont été condamnés en juin 2016 à de simples amendes.