En Afrique subsaharienne et en Amérique du Sud, la déforestation signe le retour de maladies infectieuses. Plusieurs chercheurs viennent de signer une étude inquiétante sur le sujet.

L’ulcère de Buruli fait de plus en plus de victimes

La déforestation serait à l’origine de l’apparition de nouvelles maladies infectieuses très dangereuses pour l’Homme. C’est ce que révèle une étude internationale conduite par des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement et de l’Inserm et de l’université de Bournemouth. Cette dernière s’est intéressée à un agent infectieux en particulier, qui s’est particulièrement développé dans certaines régions d’Afrique subsaharienne et d’Amérique du Sud, spécialement en Guyane française.

Dans les régions concernées les chercheurs ont démontré que la déforestation avait provoqué une réduction des chaînes alimentaires en eaux douces qui avait permis le développement de Mycobacterium ulcerans. C’est cet agent qui est responsable d’une maladie mieux connue sous le nom de l’ulcère de Buruli.

La déforestation nuit à l’équilibre des écosystèmes aquatiques

« Dans les zones intertropicales, le changement d’usage des sols, les modifications d’écosystèmes et d’habitats et l’érosion de la biodiversité sont responsables de l’émergence de nombreuses maladies infectieuses », ont confirmé les chercheurs dans un communiqué. « Parmi ces facteurs, le déboisement des forêts primaires reste l’une des causes principales de l’apparition de nouveaux agents infectieux et de leur circulation épidémique dans les populations humaines. En effet, la déforestation a un impact sur les écosystèmes aquatiques, qui agissent comme interface entre les sédiments - riches en micro-organismes - et les habitats terrestres », ajoutent-ils encore.

L’Institut de recherche pour le développement rappelle que l’ulcère de Buruli est une maladie chronique de la peau et des tissus mous, qui peut entraîner des déformations et des incapacités permanentes. Dans les 15 pays, sur les 33 touchés par la maladie, qui répertorient le nombre de malades, entre 5 000 et 10 000 cas d’ulcères de Buruli auraient été notifiés. Un chiffre qui, selon l’organisme, est largement sous-estimé.