L’aversion pour le fromage aurait désormais une explication scientifique. Des chercheurs français viennent de publier une étude sur le sujet.

L’aversion pour le fromage, une affaire de famille ?

Le fromage, on l’aime ou on l’a en horreur. Une simple affaire de goût ? Des chercheurs parisiens et Lyonnais se sont penchés sur la question pour déterminer les raisons de cette aversion dont l’origine serait cérébrale.

« Nous avons d’abord réalisé une étude auprès de 332 personnes. 6 % des sondés ont exprimé un véritable dégoût pour le fromage, bien plus que pour le poisson ou la charcuterie », explique Jean-Pierre Royet, chercheur au CNRS de Lyon, interrogé par 20 minutes, « et 47 % ont précisé qu’au moins un membre de leur famille (parfois six) est également dégoûté par le fromage ».

Aversion et plaisir sont très proches, dans le cerveau

Pour comprendre ce qu’il se passe dans la tête de ceux qui détestent le fromage, les chercheurs ont ensuite constitué deux groupes de personnes, ceux qui aiment le fromage, et ceux qui le détestent. Ces 30 participants ont été soumis à un test réalisé sous imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf). Lors de cet examen, les participants ont été confrontés à l’image et à l’odeur de plusieurs types de fromage, mais également d’autres aliments. Chez ceux qui n’aiment pas le fromage, la zone cérébrale qui s’active en cas de faim ne réagissait pas.

Plus surprenant encore, l’aire cérébrale de la récompense gustative, qui s’active à l’idée d’un bon repas, par exemple, était plus réactive chez ceux qui ressentent une aversion pour le fromage que chez les autres. Pour les chercheurs, ce constat s’explique parce que ces régions s’activent autant pour le plaisir que pour l’aversion, une nouvelle preuve selon laquelle le dégoût et le plaisir sont deux sentiments beaucoup plus proches qu’on ne pourrait le croire.