Comment désengorger les salles d’attente des urgences ? En renvoyant les patients les moins « urgents » chez leur généraliste. C’est, en substance, l’idée de ce nouvel amendement au projet de loi de finances de la Sécurité sociale.

Les salles d’attente des urgences sont surchargées

Tous les Français qui se sont déjà rendus aux urgences ont forcément fait ce constat : un service saturé, des heures d’attente et, entre les vraies urgences, des patients qui semblent aller on ne peut mieux. Dans son projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le gouvernement a décidé de s’attaquer au fléau des urgences surchargées en mettant les médecins de ville à contribution.

Selon un dernier amendement ajouté au projet, les hôpitaux pourraient recevoir des primes, sous la forme de bonus financiers, en renvoyant certains patients vers des médecins de ville. L’idée est de désengorger les urgences, mais également, à plus long terme, de réhabituer les Français à ne se servir des hôpitaux que lorsqu’il y a une réelle nécessité. Ils sont nombreux à avoir pris l’habitude de se rendre aux urgences en première intention. Résultat : le nombre de personnes accueillies augmente chaque année de 2% à 3%, et les médecins sont débordés.

Mettre les médecins de ville à contribution pour désengorger les urgences

Cette prime serait baptisée « forfait de réorientation ». Elle serait évaluée entre 20 € et 60 € par patient renvoyé des urgences avec un rendez-vous dans les 24 heures, dans un cabinet de médecin, ou dans un service médical de garde.

Selon les premières estimations mises en avant par Olivier Véran, député à l’origine de cet amendement, ce dispositif pourrait permettre de réorienter six millions de malades chaque année. Problème : les médecins de ville sont nombreux à être totalement surchargés et si les salles d’attente des urgences se vident, il est peu probable d’assister au même scénario dans le cabinet de votre généraliste.

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