Hausse des prix, devis non conformes, opacité : dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes épingle le secteur des pompes funèbres.

Des écarts de prix de 20 à 60% entre les entreprises funéraires

L’ouverture à la concurrence, en 1993, des pompes funèbres, n’a pas favorisé une baisse de prix dans ce secteur, bien au contraire ! Dans son dernier rapport annuel, publié le 6 février 2019, la Cour des comptes pointe du doigt les services funéraires : « Insuffisamment contrôlé, le secteur se caractérise par sa concentration, la hausse des prix et leur manque de transparence », peut-on lire dans le rapport.

« Les conditions dans lesquelles les familles doivent agir, à chacune des étapes du processus, ne sont pas toujours satisfaisantes », note la Cour des comptes. Concrètement, sur 3.600 entreprises funéraires, une seule assurait 20% des obsèques en 2005. Concernant les prix, la différence entre les opérateurs peut aller de 20 à 60% ; il faut compter en moyenne 3.350 € pour une inhumation et 3.609 € pour une crémation

Augmenter les contrôles et renforcer la législation

Par ailleurs, les devis des entreprises sont la plupart du temps « incomplets et non conformes (...) et difficilement comparables entre opérateurs, les prestations proposées n'étant pas similaire ». La Cour des comptes préconise ainsi de renforcer la législation, notamment en réformant l'arrêté définissant le modèle de devis, pour prévoir « trois niveaux de prestations définies de façon suffisamment précise pour faciliter la lecture et la comparaison des offres des différents opérateurs ».

La Cour des comptes recommande également un renforcement des contrôles des entreprises funéraires par les autorités nationales et locales. Les collectivités doivent notamment « renforcer le contrôle des contrats de délégation de service public », en particulier en ce qui concerne les tarifs.

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