L’air pollué est un véritable problème de santé publique, puisque les maladies qui en découlent tuent, chaque année, près de 3,4 millions de personnes prématurément. Sur ce nombre, plus de la moitié (2,5 millions selon les chercheurs), sont uniquement liés à la production et la consommation de biens par les activités humaines. Moins d’un million, donc, sont liées à des causes de pollution naturelles, comme les feux de forêt.

750 000 personnes tuées par la délocalisation de la production

Le fait que les pays industrialisés produisent une bonne partie des biens qu’ils consomment dans des pays en voie de développement, notamment en Chine, Inde et dans le reste de l’Asie (mais pas uniquement), a des implications graves. Une étude menée par 4 chercheurs de diverses universités et publiée le 29 mars 2017 dans la revue Nature en a étudié l’impact.

En particulier, les chercheurs estiment que 750 000 personnes chaque année décèdent prématurément de la production de biens qui ne seront pas consommés dans les pays où ils sont produits. Une situation qui, bien évidemment, concerne les pays en voie de développement où est délocalisée la production industrielle de nombreuses entreprises.

Une pollution qui tue également au-delà des frontières

Sans surprise, c’est la Chine qui est la plus touchée par ce phénomène avec 238 000 décès prématurés, selon les chercheurs, qui peuvent être imputés à la production industrielle délocalisée. Suit l’Inde avec 106 000 décès et le reste de l’Asie avec 129 000 décès. Mais ce n’est pas tout : la pollution produite par cette production industrielle qui sera consommée ailleurs provoque également près de 75 000 décès prématurés dans le reste du monde.

Les Européens seraient, selon la recherche publiée dans Nature, responsables de 173 000 décès prématurés chaque année dans ces pays en voie de développement tandis que les Américains seriaent responsables de 100 000 décès de ce type.

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