À quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement promet de « sauver la Sécu » et ramener le solde du régime général quasiment à l’équilibre pour l’année 2017. Cet équilibre pourrait être cependant atteint au prix d’économies renforcées dans le secteur de la santé.

Des objectifs ambitieux

En 2017, le régime général « qui affichait 17,4 milliards de déficit en 2011 sera à 400 millions de l'équilibre », a déclaré Marisol Touraine. Selon la ministre, « le trou de la sécu aura disparu ».  D’un point de vue comptable, le déficit global de la Sécurité Sociale devrait effectivement baisser à la fin du quinquennat de François Hollande.

Toutefois, le « trou de la sécu » ne disparaîtra pas pour autant. En effet, la dette reste colossale, représentant fin 2015 près de 156,4 milliards d’euros. Lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, la ministre a souligné que deux branches seraient excédentaires à savoir les accidents du travail et les retraites. La branche famille serait à l’équilibre et l’Assurance maladie en déficit de 2,6 milliards d’euros. Ce serait une première depuis 2001.

Des efforts plus importants demandés aux hôpitaux

Pour financer la hausse promise, le gouvernement a concentré ses mesures sur la branche maladie. Celle-ci devra réaliser près de 4 milliards d’euros d’économies, mais en continuant d’appliquer les revalorisations dans la fonction publique hospitalière et chez les médecins libéraux. Les principales économies seront réalisées sur les médicaments, dont les prix seront « mieux contrôlés ».

Le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui est pourtant une composante de taille de la Sécurité Sociale, a par ailleurs été oublié par Marisol Touraine. Son déficit est prévu à 3,8 milliards d’euros. Avec le « trou » global de la Sécu, il atteindrait 4,2 milliards d’euros contre 7,2 en 2016. La Sécurité Sociale n’aurait donc pas atteint l’équilibre.