Une étude visant à trouver un moyen pour soigner des fœtus en retard de croissance vient d’être arrêtée aux Pays-Bas après la mort de onze bébés.

Restriction de croissance fœtale : les recherches ont dû s’arrêter

La croissance normale du futur bébé pendant la grossesse est d’une importance capitale pour son bon développement, et donc pour ses capacités physiques et intellectuelles à l’avenir. Néanmoins, il arrive que, du fait d’une anomalie dans le corps de la mère, le fœtus ne reçoit pas une alimentation suffisante. On parle alors d’anomalie du développement fœtal, de restriction de croissance fœtale ou de retard de croissance intra-utérin. C’est précisément ce à quoi une équipe internationale de chercheurs essaie de trouver une solution. Mais, arrivé au stade final, la recherche a dû brusquement s’arrêter : sur les 17 futurs bébés qui recevaient l’une des substances testées, 11 sont morts peu après la naissance, tandis que 6 ont survécu mais avec des complications.

Après plusieurs étapes concluantes en Australie et Nouvelle-Zélande, c’est au Centre médical universitaire d’Amsterdam, aux Pays-Bas, que les expériences se sont soldées par des décès de bébés. À noter que les bébés dont les mères avaient reçu un placebo ont tous survécu après leur naissance. Résultat : l’étude, censée initialement se poursuivre jusqu’en 2020, a dû s’arrêter.

Restriction de croissance fœtale : le sildénafil fait plus de mal que de bien

La restriction de croissance fœtale se manifeste par un placenta sous-développé, qui n’est donc pas en mesure de recevoir suffisamment d’oxygène et de nutriments pour permettre une croissance correcte du fœtus. Afin d’accélérer l’acheminement de ces substances vitales, les chercheurs ont administré aux femmes enceintes du sildénafil. Cette substance dilate les vaisseaux et facilite la circulation sanguine. C’est d’ailleurs pour ces propriétés qu’elle est normalement utilisée pour aider les hommes souffrant de dysfonction érectile.

En commentant l’arrêt de cette étude, le Centre médical universitaire d’Amsterdam a fait savoir dans un communiqué : « La probabilité de complications au niveau des vaisseaux sanguins et des poumons, ainsi que celle de décès après la naissance apparaissent importants ».

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