Et si le mammouth laineux, espèce disparue voilà 4 000 ans, était ressuscité ? Si les scientifiques y arrivent, cela pourrait avoir des bienfaits inestimables dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

Le pergélisol russe libère du CO2 

Quand on parle de la réduction des émissions de CO2 dans l’atmosphère, on pense tout de suite aux gros pollueurs tels que les centrales à charbon et les voitures diesel. Mais si la réponse à nos problèmes était dans la nature, et plus précisément dans une espèce disparue il y a quatre millénaires ?

En Russie, on prend cette idée très au sérieux. Au nord de ce pays, le réchauffement climatique provoque la fonte du pergélisol, libérant le CO2 resté capté dans le sol pendant des millénaires. Selon les scientifiques, le volume de CO2 que renferme le pergélisol est équivalent à celui qui s’échapperait si l’ensemble des forêts de notre planète brûlaient 2,5 fois. Face à cette urgence, Sergueï Zimov, un chercheur de l’Académie russe des sciences, a une solution : recréer dans cette zone le même écosystème dont faisaient partie les mammouths laineux.

Le climat serait-il déterminé par les animaux ?

Le projet de Sergueï Zimov s’appelle « Parc Pléistocène », en référence à la période comprise entre 2,58 millions d'années et 11 700 ans avant le présent. Sur une vaste étendue de la toundra, une terre couverte de mousse, Sergueï Zimov a réintroduit des espèces qui vivent normalement dans des steppes, à savoir des rennes, des bisons et des chevaux Yakut. Les années passent, et contre tout attente, les animaux parviennent très bien à y vivre.

Mais plus important encore, la présence de ces animaux regénère sur ce territoire les graminées (qui, grâce à leur couleur claire, reflètent le soleil), des plantes caractéristiques des steppes. La conclusion de Sergueï Zimov est donc simple : ce n’est pas le climat qui rend possible ou impossible la vie de tel ou tel animal, mais c’est l’animal qui, par sa présence, conditionne l’écosystème où il vit. À ce titre, l’introduction dans cette région d’un mammouth lui paraît tout à fait possible, d’autant plus que 99 % de son génome est similaire à celui de l'éléphant d'Asie. Étant donné les progrès de la science dans le séquençage du génome, il est tout à fait possible aujourd’hui de « ressusciter » un mammouth… en espérant que le climat suivra !

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