Le réchauffement climatique modifie le goût des cépages bordelais. Selon les prévisions scientifiques, les vins de Bordeaux seront plus forts, secs, trop mûrs et amers dès 2050.

Le merlot pourrait disparaître d'ici 2050

Si le réchauffement climatique continue de progresser à cette vitesse, il fera 42 degrés celcius à Lyon, 40 degrés celcius à Paris et le climat de la ville espagnole,Tolède, à Bordeaux en août 2050. Selon les prévisions des experts, les vignes de la région en seront affectées et leurs cépages perdront leurs saveurs aujourd'hui tant appréciées.

À l'Institut national de recherche agronomique (Inra) située dans le Bordelais, des spécialistes réfléchissent déjà à l'adaptation du vignoble au changement climatique. Le merlot et le cabernet, deux cépages typiques de la région, ne devraient en effet pas supporter les prochaines hausses de températures. 

Le réchauffement climatique influe sur tous les cépages

Pour l'oenologue et responsable du Château Haut-Chaigneau en Gironde, Pascal Chatonnet, préparer une cuvée adaptée aux prévisions climatiques futures et buvable est un défi de taille. Le breuvage récemment présenté par son exploitation contient 13,5 % d'alcool. Il est toutefois décevant, car il ne reflète pas « le terroir, le sol et le sous-sol » bordelais à la dégustation, a glissé à la rédaction des Echos l'experte du Musée du vin à Paris, Monique Josse.

Les viticulteurs ne sont pas les seuls à s'angoisser de l'impact des hausses de températures sur leur production. Au delà de la nécessité de contenir le réchauffement climatique à moins de 2 dégrés celsius, le ministère de l'Économie et des Finances commence aussi à s'inquiéter pour l'avenir des cépages français. La production viticole est actuellement le deuxième poste d'exportations en France, après les ventes d'aéronautique.