Dans le rapport CAP 2022 rendu au gouvernement début juillet 2018, une centaine d'experts en économie envisagent de faire disparaître les pièces de un et deux centimes puis de supprimer progressivement toutes les espèces.

Le gouvernement envisage de supprimer les pièces de un et deux centimes 

Le Premier ministre Édouard Philippe et son gouvernement conservent jalousement le contenu du rapport CAP 2022 rendu par une centaine d'experts en économie. Le but principal de ce rapport est de permettre à l'État français de réaliser des économies sur ses dépenses publiques. C'est la raison pour laquelle les spécialistes auteurs de ce rapport envisagent de supprimer les pièces de 1 et 2 centimes. 

La suppression des pièces de 1 et 2 centimes n'est pas une mesure spécialement innovante. Elle s'inspire du système économique de l'Irlande, de la Finlande et de la Belgique. Cette fois-ci, néanmoins, les économistes français préconisent carrément de « rendre obligatoire l'acceptation des paiements dématérialisés (carte bancaire, téléphone, virement) pour tous les achats, sans montant minimum ». 

La disparition des espèces favoriserait la lutte contre la fraude fiscale

En réalité, les auteurs du rapport CAP 2022 n'envisagent pas seulement de faire disparaître les pièces de 1 et 2 centimes, ils aimeraient à terme faire disparaître tous types d'espèces. Forcer les Français à dématérialiser l'ensemble de leurs transactions pourrait en effet aider l'État à lutter contre la fraude fiscale et prélever plus d'impôts. Concrètement, il ne sera plus possible d'employer une baby-sitter "au noir" ou de glisser un billet au voisin qui vous a rendu un fier service sans que l'État ne le sache. 

En d'autres termes, la disparition des espèces profiterait aux caisses de l'État et à la lutte contre l'économie souterraine, mais elle serait lourde de conséquences pour les foyers les plus modestes et les jeunes qui tentent de « mettre du beurre dans les épinards » en rendant des petits services payés en liquide près de chez eux. Cela dit, les petits services entre particuliers n'échapperont de toutes manières bientôt plus à une ponction de l'État français qui prévoit désormais de taxer l'ensemble des sites collaboratifs comme Blablacar et le Bon Coin. 

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