Les personnalités « as if » sont déconcertantes et si vous en avez dans votre entourage, vous ne les avez peut-être pas remarquées. Théorisé dans les années 40, ce trouble est intimement lié à celui de la schizophrénie.

Un trouble psychique qui passe inaperçu

Contrairement à la bipolarité, la paranoïa ou d’autres troubles psychiques dont les symptômes sont particulièrement visibles, d’autres passent inaperçus et les personnes qui en souffrent parviennent totalement à se fondre dans le quotidien. C’est le cas des personnalités « as if » (« comme si »), auquel Le Figaro Santé vient de consacrer un article.

Ce trouble, qualifié dans les années 40 par une psychologue du nom d’Helene Deutsh, se traduit par un comportement parfaitement normal en apparence, qui ne semble touché par aucun trouble affectif mais dont, selon les termes employés par la psychologue, « le décalage entre ce qu’ils sont et ce qu’ils paraissent ne tarde pas à être apparent si on les examine de plus près ».

Une carapace liée à un déséquilibre issu de l’enfance

Concrètement, les personnalités « as if » auraient un « noyau schizophrénique » mais ce trouble serait tellement caché, et sans conséquences directes sur la vie sociale et sensible, qu’il passerait inaperçu, y compris pour le patient et ses proches. « Tout en eux paraît normal mais on a l’intuition qu’il y a ‘quelque chose qui cloche’ », explique la psychologue.

Comment expliquer ce trouble ? Les experts estiment aujourd’hui que ce dernier trouve son origine dans une blessure affective vécue pendant l’enfance. Pour se protéger, les « as if » auraient eu le réflexe inconscient d’adopter une posture défensive. Le Figaro cite ainsi le psychanalyste Jean-Michel Fourcade, directeur de la Nouvelle Faculté Libre, qui estime que « recevant des réactions maternelles inadaptées à ses demandes », l’enfant sent « que l’on attend de lui certains comportements ». C’est en voulant se conformer à ce désir maternel que naissent alors les premiers troubles. Devenues adultes, les personnalités « as if » sont parvenues à se parer d’une carapace, qui leur permet de remanier la réalité comme bon leur semble, d’où cette apparente, et parfois déconcertante, faculté à incarner l’image du « tout va bien ».