Alors que les adolescents détournent de plus en plus les médicaments à base de codéine à des fins récréatives, le ministère de la Santé a décidé d’inscrire ces antalgiques de la famille de l’opium sur la liste des médicaments délivrables sur ordonnance uniquement.

Une mesure pour encadrer l’usage de la codéine

Ce mercredi 12 juillet 2017, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a signé un arrêté inscrivant la codéine, et tous les autres médicaments dérivés de l’opium, sur la liste des médicaments pouvant être délivrés sur ordonnance uniquement. Cet arrêté est à effet immédiat. La codéine est un antalgique, de la même famille que l’opium et six fois moins puissant que la morphine. Ces derniers temps, son usage a été détourné par des adolescents, qui l’utilisent à des fins récréatives. À fortes doses, la codéine crée une sensation de « défonce » et ralentit le rythme cardiaque.

Cet arrêté vise, selon le ministère de la Santé, à « mettre un terme à des pratiques addictives dangereuses et potentiellement mortelles ».

2 morts par overdose de codéine

Depuis le début de l’année 2017, deux adolescents ont trouvé la mort à la suite d’une overdose de médicaments codéinés. Par ailleurs, cinq cas d’intoxication grave ont été signalés par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament).

La codéine est le plus souvent détournée sous la forme de boissons aux appellations variées (Purple Drank, Lean, Codé Spirit) : des sirops antitussifs, des antalgiques ou des antihistaminiques sont mélangés à du soda. Outre les effets immédiats, l’usage détourné de médicaments codéinés comporte des effets secondaires : troubles du sommeil et du transit, démangeaisons, troubles du comportement et de la vigilance, crises convulsives… 

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