Les bistrots parisiens sont en voie de disparition. Pour enrayer le phénomène, une association de défense de ces lieux de socialisation souhaite les voir inscrits au patrimoine mondial de l'humanité.

À Paris, moins de 1.000 bistrots pour 14.000 points de restauration

Quel visage aurait Paris sans ses bistrots servant souvent de décor au cinéma ? Alors qu’ils représentaient encore 25 à 30% de l’offre il y a encore 20 ans, les bistrots et cafés parisiens ne représentent plus que 14% de la restauration de la capitale en 2018. Soit moins d'un millier de bistrots sur un total de 14.000 points de restauration, sandwicheries, fast-foods et autres restaurants exotiques.

La faute aux « loyers spectaculairement en hausse, sous la pression de grands groupes notamment agro-alimentaires », regrette Alain Fontaine, propriétaire du Mesturet, un bistrot du quartier de la Bourse à Paris, dans les colonnes du Point. « Depuis dix ans, les bistrots et terrasses de Paris disparaissent et, avec eux, ce sont des lieux symboles de l'art de vivre, de partage, de brassage ethnique, confessionnel et social qui disparaissent ».

Les bouquinistes en lice eux aussi

Alain Fontaine veut agir et vite. L’association qu’il préside déposera, en septembre, un dossier de candidature à l'Unesco pour demander l’inscription des bistrots et terrasses de Paris au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Il est soutenu dans sa démarche par des personnalités amoureuses des bistrots : les comédiens Jacques Weber, Pierre Arditi, Jean-Pierre Darroussin, Charles Berling, Jean-Michel Ribes, Yolande Moreau, François Morel ou encore la chanteuse Marianne James.

Il faut dire que le métier, très prenant, correspond à un sacerdoce. « Très peu d’enfants veulent reprendre le bistrot de leurs parents. Si nous sommes inscrits au patrimoine mondial de l'humanité, ils resteront dans nos bistrots et les reprendront, les sauveront. » Les bistrots sont en lice avec les bouquinistes, soutenus par le Conseil de Paris. Il appartiendra au ministère de la Culture de faire le tri parmi toutes les demandes déposées, avant de porter la demande française devant l’Unesco.

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