À quatre mois de son lancement théorique, le prélèvement à la source suscite encore de nombreuses questions. Du côté des particuliers, comme de l’État, qui pourrait décider de repousser la mise en œuvre de cette mesure.

La mise en œuvre du prélèvement à la source n’est pas encore acquise

Le prélèvement à la source est au cœur d’un débat qui semble inextricable. Alors que le président français a ouvert la porte à un possible report de la réforme, qui doit normalement entrer en vigueur le 1er janvier 2019, partisans et contradicteurs se déchaînent pour encourager ou dissuader le gouvernement de faire ce qu’il a promis. Ce mardi 4 septembre, l’issue sera peut-être trouvée lors d’une réunion à laquelle participeront le président, le Premier ministre Édouard Philippe et le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Pour le gouvernement, qui a lancé la réforme, les Français ne peuvent que bénéficier de l’impôt à la source. Grâce à lui, l’impôt serait ajusté, en temps réel et directement soustrait des revenus. Fini les prélèvements mensuels et les pénalités de retard, l’impôt passe presque inaperçu. Ailleurs en Europe, la plupart des pays l’ont déjà adopté, parfois depuis longtemps, signe que cette réforme est sans doute un progrès.

Bugs techniques, indiscrétion des patrons... Le prélèvement à la source fait peur

Pour les détracteurs en revanche, le prélèvement à la source ne revêt pas que des aspects positifs. Les syndicats, qui se sont manifestés depuis le début des réflexions, y voient par exemple le risque que les chefs d’entreprise n’aient un regard indiscret sur les revenus de leurs salariés. Pour d’autres, tels que Laurent Wauquiez, chef des Républicains, cette manœuvre permettrait à l’État de faire de la trésorerie sur le dos des Français qui auraient pu utiliser cet argent pour épargner.

Certains craignent également les réactions qui suivront les premiers mois de déploiement du prélèvement à la source. Les bugs techniques sont sans doute inévitables tandis que certains salariés seront peut-être surpris du montant, abaissé, de leur salaire et pourraient demander des comptes à leur employeur. Reste à savoir comment l’Administration fiscale répondra à ces craintes, et si elle décidera, finalement, d’attendre encore un peu pour se lancer.

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