L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a dénoncé, dans son dernier rapport, l’inefficacité de l’étiquetage nutritionnel simplifié. En effet, celui-ci ne suffirait pas pour lutter efficacement contre l’obésité.

L’étiquetage nutritionnel simplifié est indispensable, selon l’UFC-Que Choisir

L’UFC-Que Choisir est favorable à l’étiquetage nutritionnel simplifié. Elle a d’ailleurs immédiatement réagi face à l’avis de l’Anses dans un communiqué, dans lequel elle affirme que « l'intérêt informatif de l'étiquetage nutritionnel n'est plus à prouver ». En février 2015, l’association de consommateurs avait déjà mené une étude qui démontrait que ces étiquetages permettent « d’apprécier la qualité nutritionnelle d’un aliment, de le situer par rapport à ses concurrents ou encore de déjouer les techniques du marketing usant d’arguments faussement nutritionnels ».

L’étiquetage nutritionnel avait en effet généré beaucoup de débats en 2016, puisqu’il s’agit d’une première mondiale. Il est expérimenté depuis l’automne sur plus de 1 300 produits et dans le cadre de la loi Santé. Toutefois, dans son rapport publié le 14 février 2017, l’Anses indique que les quatre systèmes d’étiquetage nutritionnel (SIN) testés dans plus de 60 magasins français afin d’améliorer l’information des consommateurs, n’ont pas démontré une « pertinence nutritionnelle dans une perspective de santé publique ».

Des résultats contrastés sur les comportements des acheteurs

Ce dispositif se matérialise par des logos, graphiques et couleurs donnant une information nutritionnelle qui s’ajoute à la déclaration obligatoire figurant depuis décembre 2016 à l’arrière de tous les produits pré-emballés. Selon l’Anses, certaines variables ne seraient pas prises en compte par ces SIN.

Les résultats de l’étiquetage nutritionnel simplifié seraient donc contrastés aussi bien sur les variables quantitatives que qualitatives. « De possibles effets contradictoires sont suggérés, tels des effets de halo susceptibles de biaiser l’information perçue par le consommateur et d’induire un comportement inapproprié », estime l’Anses.