L’enquête se poursuit sur la mort d’un adolescent breton, une mort qu'il s'est donnée après avoir fait des recherches sur Internet au sujet du Momo Challenge, un jeu macabre réputé pousser au suicide.

Le père de l’adolescent décédé porte plainte pour « mise en danger de la vie d'autrui »

La pendaison en Îlle-et-Villaine de Kendal Gattino (14 ans), le 14 octobre 2018 n’aura sans doute pas été un suicide comme un autre. Le suicide, son père, René Gattino, refuse en tout cas d’y croire. Pour lui, son fils s’est donné la mort après avoir reçu des consignes de la part de « Momo », un mystérieux personnage qui déstabilise psychologiquement les adolescents qui choisissent de rentrer en contact avec lui via WhatsApp.

Lundi 5 novembre 2018, René Gattino a déposé une plainte pour « mise en danger de la vie d'autrui » contre WhatsApp, mais aussi YouTube, le site Rencontre-ados.com et l'État. Pour lui, ces plateformes « ne protègent pas les jeunes », tandis que l'État français « ne prend pas suffisamment en compte les dangers que représentent ces sites pour les jeunes ». Le procureur de Rennes a confirmé avoir reçu la plainte de René Gattino.

Kendal Gattino ne serait pas la seule victime du Momo Challenge

Selon René Gattino, qui a passé au crible l’historique de navigation Internet de son fils en cherchant à comprendre la raison de son geste, Kendal a cherché des informations sur le Momo Challenge peu avant s’être donné la mort. Ce « jeu », que certains considèrent comme une simple légende urbaine, faute de preuves suffisantes de son existence, consisterait à réaliser 50 défis, à raison d’un par jour, dont le dernier est de se suicider. Quant aux jeunes qui refuseraient de se plier à ses ordres, « Momo » les menacerait de divulguer des informations compromettantes sur leur personne.

En 2018, d’autres suicides d’adolescents ayant été en contact avec « Momo » ont été répertoriés en Argentine, Colombie et Inde. Néanmoins, selon les psychiatres, le Momo Challenge à lui seul ne saurait pas conduire au suicide. D’autres causes préexistantes, comme une maladie mentale ou une dépression laissée non soignée expliqueraient la plupart des suicides d’adolescents.