Le congé parental tel qu’il existe aujourd’hui, modifié il y a trois ans pour être mieux réparti entre la mère et le père, n’apporte pas entière satisfaction et pourrait être retoqué d’ici la fin du quinquennat, a annoncé le 17 mai 2018 Agnès Buzyn, ministre des Solidarités, devant les sénateurs.

En 2016, seuls 4,4% des pères ont pris un congé parental

Agnès Buzyn a justifié sa volonté de réformer la prestation partagée d'éducation de l'enfant « car les pères ne prennent pas de congé parental ». Ils étaient à peine 4,4% à avoir fait ce choix en 2016. Le congé paternité, aujourd'hui fixé à 11 jours consécutifs et facultatifs, pourrait donc faire l’objet de nouvelles annonces de la part du gouvernement d’ici le mois prochain et voir sa durée légale étendue.

Le congé parental est au centre d’un projet de directive européenne « vie privée-vie professionnelle », qui propose une meilleure indemnisation du congé parental et qui doit être adopté le 21 juin. Or la France, comme d'autres pays, refuse de signer le texte en l'état : « Notre position, c’est qu’il ne faut pas que cette directive aboutisse à éloigner les femmes du travail », a insisté Agnès Buzyn.

Le congé parental allongé si les deux parents le prennent

Le congé parental dans sa formule actuelle permet aux parents de cesser ou réduire leur activité professionnelle pour s'occuper d'un enfant de moins de 3 ans. Il est indemnisé 396 € par mois pour une cessation complète d'activité.

En 2015, une réforme créant la prestation partagée d'éducation de l'enfant (Prepare) avait allongé sa durée de six mois à un an pour un premier enfant, à condition que les deux parents le prennent. À partir du deuxième enfant, le congé parental était resté bloqué à trois ans, à condition toutefois que le congé soit partagé (deux ans maximum pour un parent, un an pour l’autre).