La « zone protégée » autour du lac Baïkal, en Russie, sera considérablement réduite, après avoir été étendue sur 60 kilomètres autour du lac en mars 2015.

D’importantes restrictions étaient en place pour protéger l’écosystème du lac Baïkal

Classé en 1996 au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, le lac Baïkal est la plus grande réserve d’eau douce du monde. Lac le plus profond de la planète, sa superficie n’a pas d’égal, ni en Europe ni en Asie. Cette merveille de la nature est bien évidemment protégée, du moins sur le papier.

Depuis mars 2015, la « zone protégée » (l’équivalent d’une réserve naturelle en France) a été étendue sur 60 kilomètres autour du lac. Depuis, le déversement d’eaux usées y est interdit, de même que l’épandage de pesticides par avion, l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures, la construction de parkings et de stations-service, l’enterrement d’êtres humains et d’animaux, l’enfouissement de déchets et de produits chimiques.

La réserve naturelle s’étendra désormais sur 500 mètres autour du lac au lieu de 60 kilomètres

Mais ces restrictions ne sont pas sans fâcher les habitants des communes environnantes. Par exemple, dans la « zone protégée », on peut circuler uniquement sur des routes asphaltées et se garer seulement sur des parkings. Mais comme dans cette région il n’y a ni l’un ni l’autre, cette interdiction n’a jamais été appliquée sur le terrain. Les entrepreneurs étaient encore plus remontés contre les restrictions : l’implantation d’une simple supérette nécessitait des sommes très conséquentes pour la réalisation d’expertises environnementales (obligatoires dans toute « zone protégée ») et allongeait les délais.

Après une doléance collective des habitants auprès de Vladimir Poutine en juin 2017, le gouvernement s’est donc résolu à se plier. Segueï Donskoï, le ministre russe de l’Environnement, a annoncé le 7 août 2017 la réduction de la superficie de la « zone protégée », la ramenant à 500 mètres en moyenne autour du lac.