Dans le cadre de la réduction des dépenses de la Sécurité Sociale le gouvernement français avait, entre 2014 et 2015, lancé une expérimentation. Plus d’un millier de personnes partout en France avaient bénéficié de la vente de médicaments à l’unité, notamment d’antibiotiques. Une pratique déjà courante dans certains pays européens comme l’Allemagne et le Royaume-Uni et qui pourrait réduire la consommation de médicaments.

Des résultats publiés en catimini

La recherche s’est déroulée entre novembre 2014 et novembre 2015 dans quatre régions de France. 100 pharmacies ont été sélectionnées : 75 d’entre elles ont vendu à 907 patients des médicaments à l’unité tandis que 25 autres ont servi à 278 patients des médicaments en boîtes classiques. La consommation, l’impact environnemental et le coût pour la Sécurité Sociale ont alors été comparés.

Les résultats de cette recherche, une première en France, ont été publiés dans la prestigieuse revue scientifique PLOS ONE le 29 septembre 2017. Une publication repérée par le Quotidien du pharmacien qui n’a pas fait de bruit dans les médias. Pourtant les résultats de la recherche sont plus que concluants : quel que soit le paramètre observé, la distribution de médicaments à l’unité plutôt qu’en boîtes entières est positive.

Une réduction de 10 % des médicaments délivrés

La vente d’antibiotiques à l’unité a été utile dans 60 % des prescriptions des 907 patients qui en ont bénéficié : dans tous ces cas, la prescription du médecin n’était pas compatible avec le conditionnement en boîte ce qui signifie que le patient reçoit plus d’antibiotiques que nécessaire. Inversement, avec la vente à l’unité, selon les résultats publiés dans Plos One, il a été possible de réduire de 9,9 % le nombre de médicaments distribués.

Le résultat en est un coût réduit pour la Sécurité Sociale bien que les auteurs de l’étude n’aient pas étudié le surcoût lié à un conditionnement à l’unité par rapport au conditionnement en boîte.

Néanmoins, ces bienfaits ne s’arrêtent pas au niveau économique : 91,5 % des sujets ayant bénéficié de la vente à l’unité ont été regardants sur le suivi de leur traitement, contre 65,6 % des personnes du groupe témoin. Sans compter que le fait qu’aucun antibiotique ne reste entre les mains du patient à la fin de son traitement réduirait à néant le risque d’automédication et le risque que les derniers comprimés soient jetés au lieu d’être recyclés.

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