En Tanzanie, des chercheurs ont mis au point une technique de détection de la tuberculose impliquant des rats. Cette méthode présente un double avantage : peu coûteuse, elle serait plus efficace que les tests conventionnels actuellement utilisés.

Des tests de détection conventionnels peu adaptés aux jeunes enfants

En 2016, la tuberculose a causé la mort d'1,3 million de personnes à travers le monde, parmi lesquels 130.000 enfants. Le fléau touche particulièrement l'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud-Est. Dans ces régions du monde, les méthodes de détection, sommaires et bon marché, se montrent souvent peu efficaces, en particulier chez les jeunes malades.

Dans les zones où sévit la tuberculose, le personnel soignant établit son diagnostic en se fiant aux signes cliniques ou d'après l'observation d'échantillons salivaires. Mais la détection du bacille de Koch, responsable de la maladie, est compliquée chez les enfants car ces derniers ne sont pas capables de produire suffisamment de glaires pour permettre une analyse fine au microscope. Au final, c'est dans ces régions qui en ont pourtant le plus besoin que les tests de détection se révèlent le moins efficaces

Les cricétomes capables de détecter 68 % de cas de plus que les tests conventionnels

Et si l'espoir passait par les rats ? En Tanzanie, des chercheurs ont entraîné des cricétomes des savanes (sorte de rats géants) à détecter la tuberculose dans des échantillons de salive d'enfants potentiellement atteints. Des tests ont été menés dans 24 cliniques du pays. Et là, surprise : les rats, capables depercevoir des composés volatils produits par le bacille de Koch, ont augmenté la détection de la tuberculose chez l'enfant de 68% par rapport aux tests conventionnels.  

Les chercheurs tanzaniens ont publié les conclusions de leur étude le 4 avril 2018 dans la revue Pediatric Research. À l'avenir, ils projettent de mener d'autres études pour tester, cette fois, la capacité des rats à détecter la tuberculose dans d'autres échantillons que la salive, comme l'urine. Ceci dans le but de mettre au point un test qui soit à la fois fiable et non invasif.

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