Les hivers polonais sont rudes, mais dans un climat rigoureux comme celui de ce pays, rien d'anormal. En revanche, ce froid pousse les habitants à brûler du charbon pour se chauffer, d’où une très importante pollution de l’air.

En Pologne, l'essentiel de la pollution est produite par les ménages

En Pologne, inutile de parler de pics de pollution : en hiver, il n’y en a pas. Les jours de pollution extrême se suivent et se ressemblent. En France, le taux d’alerte à la pollution aux particules fines est déclenché dès lors que leur concentration dans l’air dépasse 50 microgrammes par mètre cube. En Pologne, le taux d’alerte correspond à une concentration de 300 microgrammes par mètre cube, soit six fois plus. Dans cette situation, pas étonnant qu’aucune alerte ne soit déclenchée, mais tout le monde le sait : la situation est très préoccupante.

Cracovie, Katowice et Varsovie figurent en effet parmi les villes les plus polluées d’Europe. Selon une étude réalisée en 2016 par l'Agence européenne pour l'environnement, 50 000 décès prématurés seraient attribuables chaque année à la pollution atmosphérique dans ce pays. En cause, l’habitude des Polonais de brûler du charbon de mauvaise qualité dans leurs poêles, voire même parfois des des déchets.

Les poêles sans filtre, premiers reponsables de la pollution en Pologne

Les médecins ne manquent pas de constater les effets néfastes de cette pollution : les pneumonies et autres maladies respiratoires connaissent un bond lorsque les températures descendent. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées sont les plus sensibles à cette pollution. Pour se protéger, les Polonais sont très nombreux à acheter des masques. Mais l’efficacité de ce geste est très limité : le masque se trouve vite pollué, et au bout d’un quart d’heure on ne peut plus respirer.

Ce que les Polonais devraient véritablement acheter, ce sont des filtres à poêles : les trois millions de ces équipements que compte ce pays ne sont sécurisés d’aucune manière. Le ministère du Développement prépare d’ailleurs un règlement qui interdira, à partir de 2018, la vente de poêles sans filtre.

À lire aussi : Pollution : comment se protéger efficacement ?