Le magazine L'Express a dévoilé, mardi 9 octobre 2018, des éléments de l'expertise psychiatrique de Nordahl Lelandais, mis en examen pour le meurtre de la petite Maëlys et l'assassinat du caporal Arthur Noyer, de même que pour une agression sexuelle.

Nordahl Lelandais : « Maëlys me voulait du mal »

Nordahl Lelandais a donc livré ses vérités. Un rapport de seize pages fait la synthèse des conclusions des trois psychiatres qui se sont entretenus avec lui à quatre reprises, durant le premier semestre 2018. L'ancien militaire mis en examen pour le meurtre de la petite Maëlys, l’assassinat du caporal Arthur Noyer et une agression sexuelle commise sur sa petite-cousine, y parle des démons qui le rongent.

Un récit glaçant, révélé par L'Express, où Nordahl Lelandais raconte les nuits des deux meurtres. L'homme évoque des « crises d’angoisse à répétition » ou « des terreurs nocturnes ». Pire, il déclare : « Maëlys me voulait du mal ». Puis il affirme que « ce n’est pas Maëlys qui m'attaquait » mais Arthur Noyer, le caporal assassiné, qui était « revenu en elle ». 

Pour les psychiatres, Lelandais a appris et répété un discours

Et le principal suspect ne s'arrête pas là. Il raconte aussi ce qui s'est passé ce 13 avril 2017, près de Chambéry (Savoie). Lelandais dit s’être battu avec Arthur Noyer après l’avoir pris en stop la nuit de sa disparition. Il décrit ainsi la dispute : « Quand je me suis battu avec lui, j’étais spectateur, j’étais comme un satellite au-dessus qui regarde la voiture d’en-haut, comme un drone ». Après avoir déposé le corps du caporal au bord d’une route, il explique : « J’espérais qu’il soit vivant et qu’une voiture vienne le récupérer ».

S'il se défend d'être un tueur en série, « Nordahl Lelandais présente une personnalité clivée de type pervers », selon les experts psychiatriques, qui précisent : une partie « fonctionnant en dépit des interdits » et « une partie fonctionnant de façon à peu près adéquate à la réalité ». Sa « dangerosité criminologique est extrêmement importante », observent-ils. Si les enquêteurs ne croient pas à la thèse d’un état délirant lors des crimes et ne détectent pas de psychoses, ils ont « le sentiment qu’il s’agit d’un discours appris et répété ».

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