Les nappes phréatiques sont une gigantesque réserve d’eau que nous utilisons quasiment tous les jours. Des chercheurs se sont donc intéressés à l’origine de ces réservoirs naturels et ont présenté leurs résultats mardi 25 avril 2017 devant l’Union européenne des Sciences de la Terre. Leur recherche a également été publiée dans la revue Nature Geoscience et pour cause : elle dévoile une réalité méconnue.

Des réservoirs qui se sont formés avant la civilisation

Les recherches menées par l’équipe de Scott Jasechko de l’Université de Calgary ont permis de découvrir que l’eau des nappes phréatiques et des autres réservoirs naturels sont bien plus anciennes qu’on ne le pensait. Après avoir analyse l’eau de 6 500 aquifères partout dans le monde, les chercheurs ont conclu que près de la moitié de cette eau date d’il y a 12 000 ans.

C’est le cas pour une part variable allant de 42 % à 85 % de l’eau située dans les réservoirs présents dans le premier kilomètre de la croûte terrestre. Sans surprise, lorsque les réservoirs sont moins profonds, à moins de 100 mètres sous la surface, l’eau millénaire est moins présente, entre 10 % et 63 %.

Des signes de pollutions dans l’eau profonde

Ce qui inquiète les chercheurs est la présence, malgré la profondeur des aquifères, d’eau beaucoup plus récente, datant de moins de 50 ans. Cette eau est polluée par l’activité humaine et se retrouve dans ces réservoirs que les spécialistes pensaient étanches et protégés. Malheureusement, selon les chercheurs de l’Université de Calgary, ce n’est pas le cas : « Les eaux de puits fossiles sont plus vulnérables que nous ne le pensions jusqu’ici » a déclaré Scott Jasechko.

La contamination de ces réservoirs pourrait poser de gros problèmes à l’avenir car l’utilisation de ces eaux est de plus en plus courante et que, jusqu’à présent, elles étaient protégées. Or, selon les chercheurs, 99 % de l’eau douce sur terre se trouve dans ces réservoirs sous-terrains.

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