Une nouvelle campagne de chasse à la baleine vient d'être lancée par le gouvernement japonais, malgré une interdiction internationale et les protestations de défenseurs d'animaux.

Le Japon s’apprête à chasser 177 baleines

Deux navires « scientifiques » ont quitté les ports de Shimonoseki, au nord du Japon, et de Shiogama, dans le nord-est du pays. Leur mission, selon l’Agence japonaise de la pêche : chasser 43 baleines de Minke et 134 rorquals boréals. Les chercheurs devraient étudier les contenus de leurs estomacs et prélever des échantillons de leur peau. Du moins, telle est la version officielle. Mais il suffit de faire un tour dans des magasins alimentaires haut de gamme ou dans certains restaurants du pays, pour voir que les produits de cette chasse se retrouvent bien dans le circuit alimentaire.

Notons toutefois qu’après un pic en 1965, année où 190 000 tonnes de viande de baleine ont été consommés, les ventes de cette denrée alimentaire ne cessent de reculer. Il s'en est vendu 120 000 tonnes en 1970, 50 000 tonnes en 1980, et jamais plus de 5 000 tonnes depuis.

Bientôt une loi pour protéger les baleiniers japonais ?

Alors même que les navires partaient en pleine mer, une commission parlementaire débattait d’une nouvelle loi censée redonner un second souffle à ce type de chasse et protéger les « chercheurs » y participant. Le projet de loi, voté à l’unanimité par les parlementaires, réaffirme la chasse à la baleine comme étant une responsabilité du gouvernement et stipule qu’elle vise à garantir une gestion adéquate et une utilisation durable des ressources marines. Le projet de loi prévoit également l’octroi de fonds pour la réparation des navires vieillissants ainsi que la mise en place de mesure contre les étrangers qui empêcheraient les missions japonaises de chasse à la baleine.

Le Japon est partie prenante au moratoire international sur la chasse à la baleine, adopté en 1986, mais utilise une clause permettant la chasse de ces mammifères à des fins scientifiques. En 2014, la Cour internationale de Justice a sommé le Japon d'arrêter la chasse dans l’océan Antarctique, estimant qu’elle ne pouvait pas être considérée comme ayant une visée scientifique. Le Japon a modifié son programme de chasse depuis et affirme que la nouvelle version ne contredit pas les règles établies.

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