2,7 mm par an en moyenne jusqu'au début des années 2000, et depuis, 3,6 mm par an ? Si l'on en croit des chercheurs d'une filliale du CNES, le Centre National des Etudes Spatiales basé à Toulouse, la montée du niveau des océans s'accélère depuis le début de XXIe siècle, et en particulier sur les dix denières années.

Un satellite responsable de fausses mesures des océans

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs du Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales, le CLS, ont utilisé six satellites pour surveiller et mesurer les océans. Dans un article publié dans une revue scientifique de référence, Geophysical Research Letters, ils affirment que l'accélération de la montée des eaux est de l'ordre de 25 à 30 % depuis 2004.

À qui la faute ? À un problème d'étallonage d'un satellite qui, pendant des années, était la seule source : Topex-Poséidon, le premier a avoir collecté ces données dans les années 90, exagérait la montée des eaux. Là où le satellite a cru voir une hausse de 3,3 mm par an, elle n'était "que" de 26 à 2,7 mm. Mais à l'inverse, depuis 2004, les mesures ayant été corrigées et redressées grâce à l'intervention de six satellites et non plus d'un seul, il y a bien une accélération de la montée des eaux, qui atteint donc désormais 3,6 à 3,7 mm par an, tous les ans ! 

La fonte des glaces du Groenland en cause


D'après l'équipe de chercheurs toulousains, ce serait principalement la fonte des glaces du Groënland qui serait responsable de cette accélération. 

De nombreuses estimations circulent, quant à ce que pourrait être la montée des océans sur la décennie. Certains parlent de 30 centimètres "seulement", d'autres, de deux mètres, ce qui condamnerait nombre de villes de bords de mer, notamment celles construites en amont ou sur un delta. 

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