Après le passage de l’ouragan Matthew, une grande partie de la population haïtienne n’a pas accès à l’aide humanitaire progressivement déployée. Les autorités craignent pourtant une épidémie de choléra.

Comme en 2010, Haïti redoute une épidémie de choléra

Les jours passent et le bilan du passage de l’ouragan Matthew en Haïti prend de plus en plus d’ampleur. Les derniers chiffres parlent de 1 000 morts, tandis que les autorités craignent désormais que l’insalubrité dans laquelle sont forcés de vivre les Haïtiens aujourd’hui ne provoque une épidémie de choléra.

L’épisode s’est déroulé de la même façon en 2010, et cette épée de Damoclès semble encore planer au-dessus de la tête de la population qui, pour une grande partie, n’a pas accès aux premières aides humanitaires. Dans un communiqué, l’ONG Handicap International a annoncé qu’une équipe d’urgence était actuellement déployée, en renfort de l’équipe déjà sur place. Mais ces équipes vont rencontrer des difficultés pour aller dans certaines zones du pays. Les ravages provoqués par l’ouragan Matthew ont en effet affecté plus de 25 % du territoire et, selon l’ONG, « une large partie de la zone touchée est encore inaccessible ».

Des équipes humanitaires envoyées en urgence en Haïti

« Les premières informations qui nous parviennent sont inquiétantes. De nombreuses populations affectées ont perdu leur habitat, leurs plantations et leur bétail. Il est probable que nous devions faire face à des situations de pénuries, notamment alimentaires et d'articles ménagers essentiels », explique Hélène Robin, responsable des actions d'urgence pour Handicap International. « Nous allons devoir relever un véritable défi logistique pour atteindre ces zones très difficiles d'accès et fournir l'aide humanitaire dont ces populations isolées ont besoin. Nous craignons également que les inondations provoquées par le passage de l'ouragan entraînent des risques sanitaires importants tels que la propagation d'épidémies de choléra ».

Après son passage en Haïti, l’ouragan Matthew a poursuivi sa route en République dominicaine, à Cuba et aux États-Unis, où il a fait 17 morts avant d’être rétrogradé en tempête tropicale.