Que valent les bananes bio cultivées dans des pays étrangers par rapport aux bananes antillaises ? Les producteurs français défendent leur produit, tandis que l’Agence bio veut rassurer le consommateur.

La concurrence est rude pour les producteurs de bananes françaises

À l’heure où de plus en plus de consommateurs veulent manger sain, le bio semble avoir trouvé une place de choix sur les étals et dans nos assiettes. Un phénomène que les producteurs ont bien compris, mais qui peut mettre certains en difficulté. C’est notamment le cas pour les bananes.

Ce fruit exotique, qui rencontre toujours un grand succès, est notamment cultivé dans nos départements français, la Martinique et la Guadeloupe. Mais nos producteurs doivent faire face à une sévère concurrence : le Pérou, l’Équateur et la République Dominicaine. Dans ces pays, la banane est également cultivée et vendue sous le label bio.

La banane française n’est pas bio mais affiche une agriculture durable

Un label bio pourtant trompeur, puisque ces pays ne répondent pas aux cahiers des charges européens, selon l’UGPBAN (l'Union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et Martinique créée en 2003), qui veut « dénoncer haut et fort une concurrence déloyale ». Les producteurs souhaitent également mettre en avant la banane française, dont la production est plus respectueuse de l’environnement. « La volonté de notre filière est de réaffirmer son engagement pour une agriculture durable », affirme l’UGPBAN. « En Guadeloupe et en Martinique, près de 10 000 hommes et femmes se battent et innovent pour produire la banane la plus vertueuse, celle qui répond strictement aux normes européennes ».

Le message est donc clair pour l’UGPAN, qui fait pourtant l’objet d’une plainte de la part de l’Agence bio. Cette dernière estime que le slogan « La banane française, mieux que BIO, c’est possible », affiché par les producteurs français lors du Salon de l’agriculture, manque d’honnêteté. Le 17 mars 2017, l’Agence bio a tenu à « rassurer les consommateurs sur les produits portant la mention bio quelle que soit leur provenance ». En effet, la Commission européenne garantit que les cahiers des charges et l’octroi du logo « bio » répondent « aux mêmes principes et objectifs que ceux énoncés par le règlement européen relatif à l’agriculture biologique ». Acheter bio ou acheter Français ? Tel est le dilemme face auquel se trouve le consommateur. 

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