Le glyphosate ne serait pas cancérogène. C’est la conclusion tirée par un organe scientifique de la Commission européenne qui ouvre la voie à une autorisation prolongée de l’utilisation de cet herbicide par les agriculteurs.

Le glyphosate, un produit toxique, mais pas cancérogène

Le glyphosate, cette substance herbicide qui fait débat depuis de nombreux mois au sein de l’Union européenne, ne serait finalement pas cancérogène. Cette conclusion, qui devrait largement déplaire aux associations de défense de l’environnement, a été tirée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), dont les membres se sont exprimés à l’occasion d’une conférence de presse, mercredi 15 mars 2017.

Selon ces derniers, qui s’appuient sur plusieurs dizaines d’études scientifiques, il n’a pas été prouvé que le glyphosate répondait aux critères des substances jugées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Les experts préconisent donc que cette substance herbicide conserve son statut actuel de produit pouvant causer des lésions oculaires graves, et nocif durablement pour l’environnement aquatique.

La France, leader de la lutte contre le glyphosate en Europe

Cette décision ouvre un nouveau chapitre dans l’affaire de cet herbicide utilisé par la plupart des agriculteurs en Europe. La licence du glyphosate, qui devait prendre fin en juin 2016, aurait pu être renouvelée lors d’un vote organisé par la Commission européenne. Mais lors de ce scrutin, deux pays s’étaient opposés au renouvellement de cette licence, la France et Malte, tandis que plusieurs s’étaient abstenus. Face à ce résultat, la Commission avait alors décidé de prolonger, de 18 mois seulement, l’autorisation d’utilisation de cette substance.

Sur ce terrain, la France se veut être un leader en Europe et le ministère de l’Environnement n’a pas attendu une quelconque décision européenne pour interdire, dans la mesure du possible, l’utilisation du glyphosate. De nombreux produits ont ainsi été progressivement retirés du marché et, depuis le début de l’année, les municipalités ont l’interdiction d’utiliser des substances non labellisées pour entretenir leurs espaces verts. Une interdiction qui vaudra pour tous les particuliers dès 2019.

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