C’est une guerre fratricide qui durait depuis plus de dix ans et qui vient de s’achever : les producteurs de camembert artisanal et de camembert industriel sont parvenus à s’entendre sur une nouvelle dénomination de leurs produits.

« Camembert de Normandie » : des concessions sur le lait cru et les vaches de race normande

D’ici 2021, il n’y aura plus de « camembert fabriqué en Normandie » ! À l’issue d’une réunion à l’Institut national des appellations d’origine (INAO), les producteurs de camembert artisanal et de camembert industriel ont fait des concessions mutuelles, afin de faire disparaître l’appellation « fabriqué en Normandie » qui désigne aujourd’hui les camemberts industriels. Dans moins de trois ans, elle sera donc remplacée par l’appellation « camembert de Normandie », avec un cahier des charges revu.

Pour que cet accord voie le jour, les producteurs de camembert artisanal ont accepté que le « camembert de Normandie » puisse être fabriqué au lait pasteurisé, chose jusqu’ici impensable. Concession également sur la proportion de vaches de race normande dans le troupeau : jusqu’ici, il en fallait au minimum 50% ; dorénavant on pourra n’en avoir que 30%.

Le camembert artisanal continuera à être mis en valeur

Point positif cependant : dans le cahier des charges de ce nouveau camembert, figure l’obligation de faire pâturer les vaches en extérieur, en Normandie. À titre de comparaison, dans les camemberts « fabriqués en Normandie » actuellement commercialisés, le lait peut provenir de n’importe quelle région et les éleveurs n’ont pas l’obligation de faire pâturer les vaches en plein air. Une certaine montée en gamme va donc s’opérer avec ce dernier point.

Et pour distinguer les camemberts artisanaux de leurs concurrents industriels, les premiers arboreront une appellation valorisante, qui reste à déterminer. Deux pistes sont envisagées à l’heure actuelle : « le véritable camembert de Normandie » et « l’authentique camembert de Normandie ». 

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