La Terre a perdu 3 millions de kilomètres carrés de zones sauvages qui sont pourtant vitales pour son écosystème. Une situation irréversible, pour les chercheurs à l’origine de ce constat.

L’homme prend trop de place sur la planète

La Terre a perdu un dixième de ses espaces sauvages depuis le début des années 1990. C’est le constat établi par des chercheurs australiens, dans une étude publiée dans la revue Current Biology. En 25 ans, la planète a perdu trois millions de kilomètres carrés de ces zones encore éloignées de la civilisation, l’équivalent de la superficie de l’Inde.

« La perte du caractère sauvage de la planète en seulement deux décennies est stupéfiante », constate James Watson, professeur de biodiversité à l’université du Queensland. Cette disparition devrait avoir de lourdes conséquences sur la planète. Ces zones sont en effet indispensables pour absorber le carbone atmosphérique et réguler le climat.

De nombreuses espèces sont menacées par la disparition des zones sauvages

Les espaces sauvages sont également vitaux pour la survie de nombreuses espèces naturelles menacées, comme en témoigne la liste rouge des espèces en voie de disparition récemment actualisée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). « L’habitat d’un tiers des espèces mammifères terrestres se chevauche avec des milieux sauvages », note ainsi James Watson. « La perte de ces zones augmente donc le risque d’extinction des espèces déjà menacées ».

Pourtant, depuis le sommet de Rio en 1992, de nombreuses initiatives ont été prises afin de protéger les territoires encore inoccupés par l’homme. Mais pour les chercheurs, ces mesures de protection ne sont pas assez rapides par rapport au rythme de leur disparition. Depuis le début des années 1990, 2,5 millions de km² ont été déclarés zones protégées pendant que 3,3 millions de km² ont disparu. Autre constat alarmant : cette situation ne pourra pas être réparée. « Ces milieux ne peuvent pas retourner à l’état sauvage s’ils ont été occupés par l’homme. Une fois érodés, les processus écologiques qui maintiennent ces écosystèmes ne reviennent jamais à leur état initial », note encore James Watson.

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