Un projet de vaste sanctuaire marin dans l'Est de l'océan Antarctique a échoué, ce samedi 28 octobre, faute d'accord entre les 25 pays réunis en sommet à Hobart.

La Russie et la Chine se sont opposées au projet

Les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) - 24 États et l'Union européenne - examinaient un projet franco-australien. Ces deux pays souhaitaient réaliser une autre aire maritime protégée sur une surface d’environ un million de kilomètres carrés. Pourtant, il s'agit d'un travail de longue haleine puisque commencé en 2009. Mais comme la CCAMLR prend ses décisions par consensus, la France et l'Australie doivent renoncer. Pour les responsables, très déçus, les coupables sont désignés : la Russie et la Chine.

Ces deux nations auraient freiné des quatre fers l'adoption de ce projet, en raison de leurs préoccupations concernant les droits de pêche dans le secteur concerné. En effet, l'océan Antarctique représente 15% de la surface des océans et abrite des écosystèmes exceptionnels, riches de plus de 10 000 espèces uniques. Et cette nature est préservée des activités humaines mais menacée par le développement de la pêche et de la navigation.

D'autres projets de sanctuaires marins ambitieux à l'étude

En 2016, lors du sommet précédent, un consensus avait été trouvé pour la création du plus grand sanctuaire marin au monde en mer de Ross, une baie profonde de l'océan Antarctique bordant le continent blanc. Ce projet, présenté par la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, concernait une zone de plus de 1,55 million de kilomètres carrés. Et cet échec ne refroidit pas les ardeurs des autres pays. Ainsi, un troisième projet avancé par l'Allemagne est également en discussion. Ce dernier porte sur la mer de Weddell qui s'étend, à partir du Sud-est de l'Amérique du Sud, sur environ 2,8 millions de kilomètres carrés.

L'Argentine et le Chili avancent un quatrième projet de 94 000 kilomètres carrés dans l'Ouest de la péninsule Antarctique, dans le Sud de l'arc de Scotia. D'après le journal Le Monde, le responsable du programme Antarctique du Fonds mondial pour la nature (WWF), Chris Johnson, a regretté une nouvelle opportunité manquée, et l’association Greenpeace a souhaité « plus de vision et d’ambition » pour l’année prochaine. Gillian Slocum, qui dirigeait la délégation australienne à Hobart, a déclaré de son côté que l’absence de consensus sur le projet était « triste ».

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