Amnesty International a expliqué que plus d’une voiture électrique sur deux utiliserait pour ses batteries du cobalt extrait par des enfants. Cette annonce n’est pas passée inaperçue à la veille du Mondial de l’automobile à Paris.

Une remise en cause de la transparence des constructeurs

Si, aujourd’hui, la voiture électrique apparaît comme l’avenir, Amnesty International accuse les constructeurs automobiles d’avoir recours au cobalt extrait des mines de la République du Congo par des enfants, pour fabriquer les batteries des voitures électriques. Des recherches ont permis de déterminer que des adultes et enfants âgés de moins de sept ans travaillaient dans des conditions déplorables dans des exploitations minières artisanales.

L’ONG tire donc sur la sonnette d’alarme et appelle à la vigilance des clients.  « Les voitures électriques ne sont probablement pas aussi propres que vous le pensez. Les clients doivent savoir que ces voitures vertes sont peut-être polluées par les souffrances des enfants qui travaillent en RDC », a déclaré Mark Dummett, chargé de recherches à Amnesty International.

Cinq constructeurs concernés

Les résultats des recherches publiées par Amnesty International ont dévoilé que deux constructeurs ont recours à ces pratiques : LG Chem et Samsung SDI fournissant des constructeurs tels que General Motors, Renault-Nissan, Tesla, BMW et Fiat-Chrysler. Le cobalt qui est extrait des mines serait acheté par une entreprise chinoise, qui le revendrait ensuite à des fabricants de composants pour batteries en Chine et Corée du Sud.

À l’heure actuelle, tous les constructeurs nient se fournir auprès de cette entreprise chinoise, mais n’apportent pas de preuves suffisantes. L'ONG met en avant l'exemple français, où l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à obliger les grandes entreprises françaises, à empêcher les atteintes aux droits humains dans leurs chaînes d'approvisionnement.