Des moustiques génétiquement modifiés et programmés pour tuer leurs congénères dangereux ? Cette idée, déjà mise en œuvre dans certains pays, est actuellement étudiée par les autorités françaises.

La France s’intéresse aux moustiques génétiquement modifiés

Modifier l’ADN de certains moustiques, pour lutter plus efficacement contre les maladies mortelles que ces insectes transmettent à des millions de personnes, chaque année, partout dans le monde. L’idée n’est pas totalement nouvelle, et a même fait l’objet d’une expérimentation sur le continent américain. Aux États-Unis et au Brésil, des moustiques génétiquement modifiés ont été lâchés dans la nature après avoir été « programmés » pour lutter contre leurs congénères, vecteurs de maladies.

La France commence tout juste à s’intéresser au sujet, notamment depuis qu’un moustique, porteur du paludisme, a été retrouvé en Nouvelle Calédonie. En juin dernier, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), qui avait été mandaté pour mener une étude sur le sujet, a rendu un avis qui pourrait conduire la France à engager des recherches plus poussées sur le sujet.

Les moustiques génétiquement modifiés, une solution parmi d’autres

Dans cet avis, le HCB confirme que « dans le panel d’outils de lutte antivectorielle à la disposition des autorités, le recours à des moustiques modifiés apparaît être une stratégie à ne pas négliger », toutefois, l’organisme émet encore quelques réserves, notamment sur les impacts environnementaux et sanitaires d’une telle entreprise. Le HCB recommande également la prudence quant à l’efficacité réelle du projet, puisqu’actuellement, les données recueillies ne permettent que de prouver une diminution des populations de moustique, mais pas forcément une réduction du nombre de contaminations.

Pour le président du Comité éthique, économique et social (CEES) du HCB, le recours à des moustiques génétiquement modifiés doit donc être pesé pour en évaluer tous les enjeux avant qu’une opération ne soit réellement lancée. « Il ne faut pas voir dans les moustiques modifiés une solution miracle aux maladies endémiques, mais plutôt une solution complémentaire au sein de la panoplie de la lutte antivectorielle », précise-t-il par ailleurs.

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