À quatre ans l’échéance pour la fin du déploiement du Très Haut Débit partout en France (ou presque), certains opérateurs et départements tirent la sonnette d’alarme. Selon eux, le projet ne pourra pas être bouclé dans les temps, faute de quantités suffisantes de… câble, tout simplement !

Très Haut Début : en Franche-Comté, des élus demandent un délai supplémentaire

Dans une lettre au Premier ministre Édouard Philippe, les présidents des cinq départements de Bourgogne-Franche-Comté (la Côte-d'Or, le Jura, la Nièvre, la Saône-et-Loire et l'Yonne) ont fait part de leurs prévisions pessimistes pour la suite des déploiements de l’Internet Très Haut Débit sur leur territoire.

Cet appel adressé à l’exécutif n’est pas une première : fin mai 2018, le député Fabrice Brun faisait part de la même préoccupation. Selon lui, l’indisponibilité de cette « matière première » compromet la bonne réalisation du Plan Très Haut Débit. Pour ces élus, l’État devrait donc faire preuve de clémence vis-à-vis des communes et départements qui n’auront pas bouclé le projet dans les temps.

Fibre optique : les opérateurs n’ayant pas passé commande à temps la paieront cher

Dans son courrier à Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires, Fabrice Brun, pointait « de vraies disparités entre les métropoles et les aires urbaines qui ont pu anticiper leurs investissements numériques, en passant des contrats de concession avec les opérateurs et les collectivités rurales qui, pour des raisons essentiellement financières, n'ont pas passé de tels contrats ». Le député attire aussi l’attention au fait que l’opérateur historique, Orange (qui est à jour de ses obligations, à la différence d’autres opérateurs), a consommé à lui seul 5 millions de kilomètres de fibre optique en 2017. Les opérateurs qui n’ont pas passé commande à temps pour se procurer des quantités suffisantes de fibre n’ont donc d’autre choix aujourd’hui que de l’acheter à prix fort… ou bien ne pas l’acheter du tout !

Aujourd'hui, seuls 15 % des foyers français bénéficient du très haut débit. Sur les 28 pays de l'Union européenne, la France occupe la 24e place pour l'accessibilité de cette technologie.