Les dysfonctionnements du Samu de Strasbourg ont été mis en cause dans un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales qui portait sur la mort de Naomi Musenga. Son directeur vient de donner sa démission.

Le Samu n’a pas pris au sérieux les appels à l’aide de Naomi Musenga

Le responsable du Samu de Strasbourg a donné sa démission, mercredi 20 juin 2018, faisant ainsi suite aux conclusions de l’Inspection générale des affaires sociales. Dans un rapport publié peu de temps avant, l’Igas a mis en cause la non-conformité des procédures dans les réponses apportées aux appels de Naomi Musenga, en décembre dernier.

Cette jeune femme de 22 ans avait appelé le Samu à plusieurs reprises, évoquant sa souffrance et suppliant l’opératrice de prévenir les secours, plainte à laquelle l’employée du Samu avait répondu par la moquerie. Naomi Musenga était restée plusieurs heures sans que personne ne lui vienne en aide, avant de mourir de ce que l’autopsie réalisée plus tard qualifiera de « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique ».

L’Igas conclue que le protocole du Samu de Strasbourg est dangereux pour les patients

À la suite de ce drame, le ministère de la Santé avait confié une enquête à l’Igas qui, pendant plusieurs semaines, a retracé le cours de cette journée pour déterminer quelles avaient été les failles dans le protocole d’écoute des victimes et qui portait la responsabilité de la mort de Naomi Musenga.

Sans surprise, ce rapport a révélé de lourds dysfonctionnements qui ont, pour le cas de Naomi Musenga, conduits « à un retard global de prise en charge de près de 2h20 » et, d’une manière plus générale, ont montré la non-conformité « aux recommandations de bonnes pratiques ». L’Igas avait également relevé que la « procédure de régulation » du Samu de Strasbourg était tout simplement « source de risque pour les patients ».