La découverte faite par Marc Robert et Julien Bonin de l’Université Paris-Diderot a toutes les chances d’être révolutionnaire : les deux chercheurs sont parvenus à transformer un gaz nocif mais inévitablement présent dans l’atmosphère (le CO2) en un autre gaz (le méthane), prêt à être utilisé comme carburant.

La transformation de CO2 en méthane est très peu onéreuse

À l’heure où l’on parle beaucoup de l’économie circulaire, le temps est clairement venu pour l’humanité de se pencher sur une utilisation circulaire des gaz. Le principe de l’économie circulaire est simple : ce qui était autrefois considéré comme un déchet devient une base servant à créer quelque chose de nouveau et utile. C’est précisément ce que sont parvenus à réaliser deux chimistes français, Marc Robert et Julien Bonin, qui publient les résultats de leur expérience dans la prestigieuse revue scientifique Nature.

Pour transformer le CO2 en CH4 (le méthane), les deux chercheurs utilisent un catalyseur à base de fer, un métal abondant et peu onéreux, couplé à de la lumière (électrique ou naturelle). La transformation se passe à température et pression ambiantes, de quoi limiter largement le coût de cette opération. Si ce procédé est un jour utilisé à l’échelle industrielle, il ouvrira la voie à la création bon marché d’un combustible (utilisable dans des véhicules par exemple), tout en permettant à l’humanité de se débarrasser d’un gaz à l’origine de l’effet de serre.

La transformation de CO2 en combustible, un processus naturel que l’homme est parvenu à accélérer

Comme l’expliquent les chercheurs dans leur article, la transformation de CO2 en combustible fossile est un processus qui existe déjà dans la nature. Mais il a fallu une quantité phénoménale de plantes et une activité géologique pendant des millénaires pour permettre cette transformation. Le sens de leur invention est justement d’écourter ce processus au maximum.

Le procédé élaboré par Marc Robert et Julien Bonin implique d’abord la transformation du dioxyde de carbone en monoxyde de carbone. Une fois le monoxyde de carbone obtenu, il est amené à interagir avec les deux catalyseurs. Résultat : 83 % des produits de cette réaction sont du méthane, les 17 % restants étant de l’hydrogène. Chaque gramme de catalyseur peut produire 30 grammes de méthane toutes les heures, ce qui rend ce procédé économiquement viable.

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