Au paléolithique, période de la préhistoire qui s’est achevée il y a 12 000 ans, les pratiques cannibales étaient relativement fréquentes. Un chercheur britannique s’est intéressé à cette coutume, qui n’a sans doute aucun lien avec une simple logique alimentaire.

Les organes humains sont très peu caloriques

Pourquoi nos ancêtres de la préhistoire pratiquaient le cannibalisme ? C’est à cette question qu’a souhaité répondre un chercheur britannique qui vient de publier une étude surprenante sur le sujet. Dans la revue Scientific Reports, James Cole, spécialiste du paléolithique pour l’université de Brighton, au Royaume-Uni, publie les conclusions de ses recherches, et selon lui, si les hommes de cette époque se mangeaient entre eux, ce n’était certainement pas en raison de l’apport énergétique de la chair humaine.

Car pour bâtir ses conclusions, ce chercheur s’est tout simplement intéressé à la valeur calorique des organes humains. Il a alors dessiné l’anatomie humaine en fonction de ces valeurs, estimant à 650 calories la valeur d’un cœur humain, à 2 706 calories celles d’un cerveau ou encore à 1 596 celle des poumons.

Le cannibalisme entrait sans doute dans une logique guerrière ou une pratique funéraire

En tout, un corps humain ne vaut pas plus de 125 000 calories. Un bien faible score lorsqu’on le compare aux différents animaux de l’époque, que les hommes avaient l’opportunité de chasser pour se nourrir. À titre de comparaison, un mammouth pouvait offrir jusqu’à 3,6 millions de calories contre 1,26 million pour un rhinocéros laineux.

« L’homme est une espèce plutôt maigre », résume alors le chercheur. Pourquoi les hommes du Paléolithique se mangeaient-ils entre eux dans ce cas ? Le chercheur britannique avance une thèse « culturelle et sociale » et estime notamment que les pratiques cannibales de l’époque existaient sans doute dans le cadre de pratiques guerrières ou de coutumes mortuaires.

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