Le gouvernement prévoit d’alléger le montant des impôts des Français de 6 milliards d’euros en 2019. Or selon les économistes de l’OFCE, les baisses d’impôts à attendre seraient en réalité deux fois moins importantes qu’annoncé.

Plusieurs leviers fiscaux sont actionnés

C’est ce lundi matin que le gouvernement  présente, en conseil des ministres, son projet de budget pour 2019. Six milliards de baisses d’impôts seraient attendues pour 2019. « Il n'y a pas eu de baisses d'impôts de cette ampleur depuis au moins dix ans en France », se félicite une source gouvernementale dans les colonnes des Échos le 22 septembre 2018.

Plusieurs leviers sont actionnés pour augmenter le pouvoir d’achat des Français. Dans le détail, le gouvernement a parié sur la suppression des cotisations salariales (chômage et maladie) pour les salariés du privé. Une mesure qui, si elle se chiffre à à 4 milliards d’euros d’économies, ne concerne pas les retraités. Au contraire de la CSG : à partir du 1er janvier 2019, près de 300.000 foyers fiscaux de personnes retraitées n'auront pas à payer l'augmentation de la CSG.

Des économies d'impôts deux fois moins élevées selon l'OFCE

Le gouvernement a aussi choisi de s’engager dans l’exonération de cotisation des heures supplémentaires applicable à tous les salariés, du public comme du privé (600 millions d'euros d’économies pour les travailleurs). La suppression de la taxe d'habitation constitue l’une des mesures phares du quinquennat : - 3,8 milliards d'euros d’impôts à répartir entre 80% des Français. Les perdants dans ce budget 2019 sont les automobilistes qui fument, du fait de l’augmentation des taxes sur les cigarettes ( 400 millions d'euros) et le carburant ( 1,9 milliard d'euros via la contribution climat-énergie). À noter enfin la diminution du crédit d'impôt sur la transition écologique, jugé coûteux et peu efficace, qui permettait de financer l'isolation d'un logement.

Mais pour les experts de l'Observatoire français des conjonctures économiques, la baisse d’impôts se rapprochera plus des 3,5 milliards d’euros que des six milliards annoncés par le gouvernement. Leurs calculs incluent d'autres mesures sur les minima sociaux dont ne tient pas compte le gouvernement (très faible revalorisation des pensions de retraite, des APL, des allocations familiales, alors que l’inflation augmente).

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